

Avec Fête Sauvage, Hélène Blackburn orchestre une ode viscérale et indomptée à l’élan vital du corps en mouvement, portée par la musique puissante de Martin Tétreault, dont la pulsation agit comme un cœur battant, menant à la combustion des corps et des âmes.
En presque vingt minutes d’intensité pure, la pièce libère une énergie brute et organique, où chaque interprète, mû par une urgence intérieure, s’abandonne à une transe physique qui consume les frontières individuelles pour embraser le collectif.
Solos et duos s’enchaînent dans une chorégraphie précise et acérée, traversée par une tension entre pulsion et retenue, entre chaos et structure. Les corps se frottent, se heurtent, se touchent dans une danse qui brûle de l’intérieur. Cette combustion n’est pas destruction, mais transmutation : celle d’un feu vital qui consume les carcans pour faire surgir l’instinct, le désir, l’excès.
Au fil des mouvements, une tribu éphémère de 17 danseurs se forme, se défait, se reforme. Dans cet espace de liberté arraché à la norme, les interprètes deviennent les membres d’un clan improvisé, liés par un besoin viscéral de contact, d’écoute et de résonance. Ensemble, ils composent une fresque vivante d’un rassemblement interdit, rituel sauvage et contemporain, où l’intensité de la vie s’exprime sans filtre.
«L’idée de Fête Sauvage m’est venue dans le sillage du confinement, au cœur de cette période où les rassemblements, même les plus intimes, étaient interdits. Le corps social tout entier était suspendu, isolé, contenu. Cette privation du contact, de la proximité, du souffle partagé, m’a profondément marquée. En tant que chorégraphe, c’était un choc : la danse, art de la rencontre et du vivant, était soudainement rendue illégitime, voire dangereuse. Fête Sauvage est une réponse à cette frustration, un besoin urgent de réactiver les corps, de retrouver la pulsation collective.
J’ai imaginé une tribu d’individus brûlants de vivre, mus par une force vitale qui résiste à l’enfermement. Ma chorégraphie fait appel autant à l’énergie de la danse contemporaine qu'à la précision et à la technique du ballet.
Je travaille beaucoup avec l’endurance et l’intensité physique des danseurs. C’est dans cet élan d’énergie brute que s’inscrit la pièce : elle met en scène un rassemblement interdit, clandestin et viscéral, une fête instinctive qui ne demande ni autorisation ni justification — un exutoire à la fois charnel et symbolique. Elle est née d’un manque : celui de l’autre, du rythme partagé. C’est une célébration de ce que nous avons failli perdre: le lien.»
- Hélène Blackburn
À PROPOS DU SPECTACLE
Durée : 20 minutes
LES GRANDS BALLETS

